Théâtre

Waste raconte le désastre humain et écologique qui a lieu à Agbogbloshie, au Ghana. Chaque jours, dans ce désert de déchets, des milliers d’enfants comme Jacob, Isaac et Moïse “se ménagent une routine de fouille” pour espérer survivre un jour de plus. A travers l’écriture de Guillaume Poix et la mise en scène de Johanny Bert, Waste dépeint la situation apocalyptique qui a lieu sur “la bosse”, comme ils l'appellent.

Rôles : Jacob, Justice, Wisdom.

On the other side of the world, electronic waste is piling up, particularly in Ghana. The play Waste tackles the painful issue of digital dumps, telling the story of three children living in Accra who survive by recasting metal extracted from discarded casings. By bringing actor and puppets face to face, the production endeavours to reveal the intolerable and thus remind us of our humanity. 

Roles: Jacob, Justice, Wisdom.

 

Extrait :
11/ #BABEL [Pb6]
Dans un coin de la bosse, abrités sous les fumées verticales.

WISDOM. - T’as tout le cimetière numérique de la planète ici, t’as tout l’obsolète qui se trouve une place pour s’aplatir sous les coups de poing des gosses qui le fouillent. On te dit C’est numérique, c’est dématérialisé, on te dit C’est sans fil c’est encore plus plat, on te dit C’est l’encombre en moins et la vitesse du son du tonnerre dans ta gueule, on te dit C’est la fibre, on te dit C’est la fibre, on te dit C’est les choses qui s’amenuisent et perdent en gravité et tout qui se stocke en minuscules capteurs de rien de chez rien, on te dit C’est la poussière en propre, en qui prend pas de place, on te dit des trucs pareils là où t’es toi, mais ce qu’on te dit pas c’est que chez nous ça devient la bosse, ça devient l’Afadjato, ça devient Babel le truc, ça monte jusqu’au ciel, les merdes cabossées dézinguées bousillées elles bâtissent une deuxième planète qui te poisse la gueule et le buste, qui t’encrasse les conduits, merdes qui croupissent dans toi, qui se dispersent dans tes migraines et tes vomissures, qui maculent les gosses morts à vingt ans de respirer l’air de la planète infestée par les rebuts de là où t’es toi et que les gens de chez toi voient rien C’est dématérialisé, c’est numérique, c’est sans fil, c’est tout plat, c’est amenuisé, c’est du vent pour toi là-bas et ici c’est des montagnes d’air compact et brun qui se hissent en haut, qui peignent le ciel tout en volutes et qui te rentrent dans l’épiderme que ça te gratte à t’en dégainer le cuir. Disons, pour conclure le topo, que ce qui se voit pas là-bas est pas tout à fait invisible ici.

Waste raconte le désastre humain et écologique qui a lieu à Agbogbloshie, au Ghana. Chaque jours, dans ce désert de déchets, des milliers d’enfants comme Jacob, Isaac et Moïse “se ménagent une routine de fouille” pour espérer survivre un jour de plus. A travers l’écriture de Guillaume Poix et la mise en scène de Johanny Bert, Waste dépeint la situation apocalyptique qui a lieu sur “la bosse”, comme ils l'appellent.

Rôles : Jacob, Justice, Wisdom.

On the other side of the world, electronic waste is piling up, particularly in Ghana. The play Waste tackles the painful issue of digital dumps, telling the story of three children living in Accra who survive by recasting metal extracted from discarded casings. By bringing actor and puppets face to face, the production endeavours to reveal the intolerable and thus remind us of our humanity. 

Roles: Jacob, Justice, Wisdom.

 

Extrait :
11/ #BABEL [Pb6]
Dans un coin de la bosse, abrités sous les fumées verticales.

WISDOM. - T’as tout le cimetière numérique de la planète ici, t’as tout l’obsolète qui se trouve une place pour s’aplatir sous les coups de poing des gosses qui le fouillent. On te dit C’est numérique, c’est dématérialisé, on te dit C’est sans fil c’est encore plus plat, on te dit C’est l’encombre en moins et la vitesse du son du tonnerre dans ta gueule, on te dit C’est la fibre, on te dit C’est la fibre, on te dit C’est les choses qui s’amenuisent et perdent en gravité et tout qui se stocke en minuscules capteurs de rien de chez rien, on te dit C’est la poussière en propre, en qui prend pas de place, on te dit des trucs pareils là où t’es toi, mais ce qu’on te dit pas c’est que chez nous ça devient la bosse, ça devient l’Afadjato, ça devient Babel le truc, ça monte jusqu’au ciel, les merdes cabossées dézinguées bousillées elles bâtissent une deuxième planète qui te poisse la gueule et le buste, qui t’encrasse les conduits, merdes qui croupissent dans toi, qui se dispersent dans tes migraines et tes vomissures, qui maculent les gosses morts à vingt ans de respirer l’air de la planète infestée par les rebuts de là où t’es toi et que les gens de chez toi voient rien C’est dématérialisé, c’est numérique, c’est sans fil, c’est tout plat, c’est amenuisé, c’est du vent pour toi là-bas et ici c’est des montagnes d’air compact et brun qui se hissent en haut, qui peignent le ciel tout en volutes et qui te rentrent dans l’épiderme que ça te gratte à t’en dégainer le cuir. Disons, pour conclure le topo, que ce qui se voit pas là-bas est pas tout à fait invisible ici.

 


© Jean-Louis Fernandez & Samuel Rubio
Voir dossier artistique Les indépendances.

 


© Jean-Louis Fernandez & Samuel Rubio
Voir dossier artistique Les indépendances.

Trait d'Union
Initiative de la commission Justice et Paix


 

Trait d'Union
Initiative de la commission Justice et Paix

 

“Cinquante ans d’indépendance!“ Ça se fête ou pas? Durant l’année 2010, douze jeunes artistes (six congolais et six belges) se sont posé cette question. Au regard de la situation entre le Congo et la Belgique, cinquante ans plus tard, est-ce qu’il y a lieu de se réjouir? La R.D.Congo est-elle véritablement indépendante? De là est née un spectacle coup de poing, “Trait d’Union”, une création contemporaine percutante, crée en deux semaines intensives à Kisangani et jouée de part et d’autres de la méditerranée, à Kisangani, Kinshasa, Liège, Namur et Bruxelles. 

'Fifty years of independence!' Is there anything to celebrate? In 2010, twelve young artists (six Congolese and six Belgians) ask this question. In the light of the relation between Congo and Belgium, do we have any reasons to be delighted? Fifty years later, is the D.R.Congo really independent? It was the starting point of an uppercut show, 'Trait d’Union / Hyphen', a punchy contemporary creation, created in two intensive weeks in Kisangani and played on the two side of the Mediterranean sea, in Kisangani, Kinshasa, Liège, Namur and Brussels. 

 

Extrait :
“Dans peu de temps, la notion même de territoire aura disparu et la notion d’origine perdra tout son sens !

Le monde sera tellement mélangé, coloré, épicé que poser la question : « Tu es de quelle origine ? » n’aura plus d’utilité ! Puisque tout le monde viendra de partout, puisque deux milles ans d’histoires, et plus, auront brassé et rebrassé les peuples pour montrer que nous sommes tous pareils, que nous sortons tous du même endroit et que le monde est notre pays.

Les frontières n’auront plus qu’une valeur symbolique, comme le tape que l’on utilise pour protéger les plaintes lorsque l’on peint mais que l’on s’amuse à arracher quand on a fini de mettre en couleurs.

La Belgique sera fini, la flandre sera fini, la Wallonie sera fini. Et tout nos petits conflits linguistiques apparaitront comme futiles et obsolètes quand aura lieu cette grande réunion. Il n’y aura pas de division mais une ouverture. Et ceux qui ne seront pas d’accord, taperont du pieds et des mains pour conserver leurs privilèges, leurs droits, leurs armures mais ils ne pourront rien faire. Parce que l’idée est déjà en marche et que l’on arrête pas des idées ! On arrête pas un esprit même avec des bombes.

Chaque histoire comporte ses joies et ses peines. Parfois, elle commence bien, s’enflamme, s’étire, ne tient plus qu’a un fil, frôle la rupture, parfois casse ou fini mais… elle ne s’arrête jamais vraiment. La Belgique et le Congo sont marié pour le meilleur et pour le pire. Je suis le fruit d’un de ces mariages. Je suis métisse et j’ose croire que, malgré tout, l’histoire de mes parents est une histoire d’amour.”  T.R.

“Cinquante ans d’indépendance !“ Ça se fête ou pas? Durant l’année 2010, douze jeunes artistes (six congolais et six belges) se sont posés cette question. Au regard de la situation entre le Congo et la Belgique, cinquante ans plus tard, est-ce qu’il y a lieu de se réjouir? La R.D.Congo est-elle véritablement indépendante? De là est née un spectacle coup de poing, “Trait d’Union”, une création contemporaine percutante, crée en deux semaines intensives à Kisangani et jouée de part et d’autres de la méditerranée, à Kisangani, Kinshasa, Liège, Namur et Bruxelles. 

'Fifty years of independence!' Is there anything to celebrate? In 2010, twelve young artists (six Congolese and six Belgians) ask out this question. In the light of the relation between Congo and Belgium, do we have any reasons to be delighted? Fifty years later, is the D.R.Congo really independent? It was the starting point of an uppercut show, 'Trait d’Union / Hyphen', a punchy contemporary creation, created in two intensives weeks in Kisangani and played on the two side of the Mediterranean sea, in Kisangani, Kinshasa, Liège, Namur and Brussels. 

 

Extrait :
“Dans peu de temps, la notion même de territoire aura disparu et la notion d’origine perdra tout son sens !

Le monde sera tellement mélangé, coloré, épicé que poser la question : « Tu es de quelle origine ? » n’aura plus d’utilité ! Puisque tout le monde viendra de partout, puisque deux milles ans d’histoires et plus auront brassé et rebrassé les peuples pour montrer que nous sommes tous pareils, que nous sortons tous du même endroit et que le monde est notre pays.

Les frontières n’auront plus qu’une valeur symbolique, comme le tape que l’on utilise pour protéger les plaintes lorsque l’on peint mais que l’on s’amuse à arracher quand on a fini de mettre en couleurs.

La Belgique sera fini, la flandre sera fini, la Wallonie sera fini. Et tout nos petits conflits linguistiques apparaitront comme futiles et obsolètes quand aura lieu cette grande réunion. Il n’y aura pas de division mais une ouverture. Et ceux qui ne seront pas d’accord, taperont du pieds et des mains pour conserver leurs privilèges, leurs droits, leurs armures mais ils ne pourront rien faire. Parce que l’idée est déjà en marche et que l’on arrête pas des idées ! On arrête pas un esprit même avec des bombes.

Chaque histoire comporte ses joies et ses peines. Parfois, elle commence bien, s’enflamme, s’étire, ne tient plus qu’a un fil, frôle la rupture, parfois casse ou fini mais… elle ne s’arrête jamais vraiment. La Belgique et le Congo sont marié pour le meilleur et pour le pire. Je suis le fruit d’un de ces mariages. Je suis métisse et j’ose croire que, malgré tout, l’histoire de mes parents est une histoire d’amour.”  T.R.

Quand je serai figurant
Spectacle collectif de la Compagnie des Transfigurants


 

 

Quand je serai figurant
Spectacle collectif de la Compagnie des Transfigurants

 

Produit, écrit et mis en scène par la Compagnie des Transfigurants, ce show raconte les éclats et les déboires inhérents à la profession d’acteur. “Quand je serai figurant“ est un spectacle qui expose de manière original et belgirante l’écart entre le défi du métier et la course du rêve. Première au festival Off d’Avignon 2012.

Membres : Cécile Delberghe, Maxime Donnay, Jean-Jacques Rosin, Antoine Vilain.

Written, directed and produced by the Compagnie des Transfigurants, this show tells us the up and down inherent at the acting profession. 'Quand je serai figurant / When I’ll be an extra' exposes in a original and belgicious way how funny and how hard it could be to be an actor. The premiere took place at the festival Off d’Avignon 2012. 

Members: Cécile Delberghe, Maxime Donnay, Jean-Jacques Rosin, Antoine Vilain. 

Produit, écrit et mis en scène par la Compagnie des Transfigurants, ce show raconte les éclats et les déboires inhérents à la profession d’acteur. “Quand je serai figurant“ est un spectacle qui expose de manière original et belgirante l’écart entre le défi du métier et la course du rêve. Première au festival Off d’Avignon 2012.

Membres : Cécile Delberghe, Maxime Donnay, Jean-Jacques Rosin, Antoine Vilain.

Written, directed and produced by the Compagnie des Transfigurants, this show tells us the up and down inherent at the acting profession. 'Quand je serai figurant / When I’ll be an extra' exposes in a original and belgicious way how funny and how hard it could be to be an actor. The premiere took place at the festival Off d’Avignon 2012. 

Members: Cécile Delberghe, Maxime Donnay, Jean-Jacques Rosin, Antoine Vilain. 

A Doll’s house
École des Maîtres XVIII éditions

 

Après avoir été sélectionné sur candidature, l’École des Maîtres propose à quelques privilégiés un stage de perfectionnement théâtral itinérant, centré au Théâtre de Udine en Italie. Cette année là, le maitre de stage était Arthur Nauzyciel. Ce fut la première édition anglaise du stage. Avec mes collègues italiens, portugais et français, nous nous sommes arrêtés sur la Maison de Poupée de Henrik Ibsen. J’ai travaillé le personnage de Dr Rank principalement.

Since 1990, the École des Maîtres proposes an itinerant theatrical advanced training course for some privileged trainees selected from their application. The training supervisor was Arthur Nauzyciel. It was the first English edition of the internship ever. With my Italians, Portuguese and French colleagues, we work on A Doll’s House of Henrik Ibsen. I work mainly on the character of Dr Rank.

Après avoir été sélectionnés sur candidature, l’École des Maîtres propose à quelques privilégiés un stage de perfectionnement théâtral itinérant, centré au Théâtre de Udine en Italie. Cette année là, le maitre de stage était Arthur Nauzyciel. Ce fut la première édition anglaise du stage. Avec mes collègues italiens, portugais et français, nous nous sommes arrêté sur la Maison de Poupée de Henrik Ibsen. J’ai travaillé le personnage de Dr Rank principalement.

Since 1990, the École des Maîtres proposes an itinerant theatrical advanced training course for some privileged trainees selected from their application. The training supervisor was Arthur Nauzyciel. It was the first English edition of the internship ever. With my Italians, Portuguese and French colleagues, we work on A Doll’s House of Henrik Ibsen. I work mainly on the character of Dr Rank.